Les seigneurs de Sainte-Aldegonde de Noircarmes étaient seigneurs du faubourg de Saint-Omer de Genech et de Rieullay. L’un d’eux prit le titre de seigneur de Rosimbois, mais il est probable qu’il n’habita pas le château tombé en ruines. Nous ne pouvons guère citer que Messire Balthazar de Sainte-Aldegonde de Genech, qui fonda le Couvent des Récollets, près des ruines du château, au lieu dit l’Hermitage, dans le petit bois de Rosimbois. L’acte de donation fut passé le 20 juin 1684, entre Balthazar Sainte-Aldegonde et le R.P. Simon Mas Provincial des Récollets Pays-Bas.
Ce couvent, dans la pensée du fondateur, devait servir d’hospice ou de lazaret*, mais on ne voit pas qu’il ait joui à cet usage.
La communauté des Récollets s’établit donc à Fournes de cette année là, dans un local provisoire. Elle était composée de cinq religieux, trois prêtres et deux frères lais ou convers.
Le couvent fut promptement construit et d’après l’État, et déclarant que les R.R.P.P. furent obligés de faire en 1789 le couvent se composa d’une maison, d’une Eglise et d’une brasserie, le tout sur un terrain d’environ 17 cents de terre. Près du jardin se trouvait une petite prairie de deux cents verges, entourée d’une haie et d’un fossé. Le couvent avait un étage et paraissait assez spacieux. Outre le réfectoire, la cuisine et la buanderie, on y trouvait une grande salle dite Sainte Aldegonde et une autre appelée la chambre neuve : à l’étage, cinq chambres de religieux, trois chambres d’hôtes, la bibliothèque et le chauffoir*.
L’Eglise pouvait contenir environ deux cents personnes. Elle était ouverte au public et trois pères y exerçaient le Saint-Ministère, une cloche appelée les fidèles et c’est là que tous les habitants et voisinage assistaient aux offices.
Mais quand il s’était agi d’ouvrir une chapelle, le curé et les marguillers de Fournes craignaient d’affaiblir les revenus de leur Eglise considérablement diminués depuis ces derniers temps, avaient exigés la condition : c’est qu’à chaque office solennel, on y ferait la quête pour les pauvres et l’Église de Fournes.
Or, le jour de la Pentecôte 1688, Messire de Sainte-Aldegonde s’opposa que cette condition fut observée et voulut que la quête se fit pour la chapelle du Couvent. On fit des réclamations, mais en vain. Cet état de choses se prolongea jusqu’en 1706. Depuis longtemps, on avait intenté un procès au seigneur de Rosimbois, lorsque le 23 janvier 1706, la cause fut terminée ; les échevins de Lille déboutèrent Messire Balthazar de Sainte-Aldegonde de ses injustes prétentions, et le condamnèrent au frais et aux dépens.
Depuis cette époque, un marguiller et un pauvriseur* de Fournes allaient aux jours de dimanche et de fête quêter dans l’Église Récollets.
Dans cette église, sous le chœur, se trouvait le caveau de la famille de Sainte-Aldegonde, branche de Genech. En 1694, on y inhuma Messire Eugène de Bourre, décédé au château de Rieullay. Monsieur le curé de Fournes, qui présida la cérémonie, d’inhumation…tous les membres de cette famille, décédés avant la Révolution reposent dans cette sépulture, mais nous n’avons aucun détail sur leurs noms et qualités.
Les Récollets restèrent dans leur couvent jusqu’en 1790 et ils exercèrent dans le voisinage le ministère de la Prédication, notamment à Fournes, où ils prêchaient l’Avent et alternativement aux Augustins de la Bassée, la station de Carême. Un récollet, Père François Mordacq fut même viscaire* de Fourmes pendant un certain temps.
En 1789, ces religieux refusèrent de prêter le serment de constitution civile du clergé, et durent se retirer l’année suivante.
Cependant, le couvent ne fut pas aliéné et resta la propriété de monsieur et de madame Sainte-Aldegonde. Les meubles furent vendus et disparus.
Monsieur de Rouvroy avait racheté une grande partie de ces meubles et les tableaux. Il en fit présent en 1803 à l’église paroissiale de Fournes.
En 1805, monsieur Alexandre de Sainte-Aldegonde fit vendre une partie des matériaux provenant de l’Eglise et du Couvent pour la somme de P.777 francs.
Ce qui restait fut vendu pour être démoli à la réserve du caveau à Antoine Joseph Degrave, maçon à Santes, pour la somme de 2 400 francs.
La même année, monsieur Charlet, Notaire à Fournes, vendit le fonds à Monsieur Coilloy de Lille qui l’adjoignit à une ferme qu’il posséda dans le voisinage.